Le 9 janvier, las de « la nonchalance de l’État quant aux taxis clandestins », l’UNT Occitanie et l’UNT 31 ont rencontré les autorités pour exprimer leur ras-le-bol. Une réunion qui a porté ses fruits.

Depuis le 1er janvier et l’entrée en vigueur de la loi Grandguillaume, les chauffeurs Uber ne possédant pas une carte VTC ne peuvent plus utiliser l’application. À Toulouse, ils seraient 140, selon le syndicat des chauffeurs privés et VTC.

De fausses cartes de VTC en circulation

Une bonne nouvelle pour les taxis… qui craignent toutefois une sortie de route.

« On a repéré une bonne cinquantaine de voitures pirates qui circulent dans Toulouse, mais il est impossible de savoir combien il y a en a exactement », s’alarme Stéphane Abeilhou auprès d’Actu.fr.

Le porte-parole du syndicat de taxis UNT 31 estime que « de fausses cartes professionnelles de VTC sont en circulation ». « Les taxis sont fatigués de cette concurrence déloyale. Depuis quatre ans, nous avons en moyenne perdu environ 30 % de notre chiffre d’affaires. »

Traiter les plaintes

Le 9 janvier, Stéphane Abeilhou et ses coéquipiers ont décidé de prendre les choses en main en rencontrant Frédéric Rose, sous-préfet de la région Occitanie, Pierre-Yves Couilleau, procureur de la République de Toulouse, Jean-Jacques Bolzan, adjoint au maire de la ville de Toulouse, Vincent Aguilera, président de la chambre de métiers de la Haute-Garonne, et des représentants de l’État et des forces de police. Ils étaient assistés de Maître Soussen, avocat de l’UNT au barreau de Paris.

Stéphane Abeilhou, porte-parole de l’UNT 31.

« Nous avons été agréablement surpris de rencontrer des gens attentifs à notre problématique. Messieurs Bolzan et Aguilera nous ont beaucoup soutenus. Nous avons expliqué que nous étions fatigués de la nonchalance de l’État par rapport aux actions des travailleurs clandestins, dont des agressions verbales ou physiques. On nous a répondu que la loi Grandguillaume allait permettre, enfin, plus de réactivité. »

Au cours de la réunion, il a été décidé qu’un nouveau mode de communication allait être mis en place entre l’État et les taxis, ces derniers estimant que trop peu d’interpellations aboutissent à des poursuites judiciaires. « Maître Soussen relayera désormais nos plaintes », se satisfait Stéphane Abeilhou.

Renforcer les contrôles

Les responsables de l’UNT 31 ont demandé un renforcement des contrôles.

« On nous a dit que tout un calendrier d’opérations Codaf (comité opérationnel départemental anti-fraude) était déjà programmé. Plusieurs interventions seront menées pendant plusieurs semaines, de jour comme de nuit. Cela nous rassure beaucoup. »

Le 9 janvier, jour de la réunion, un faux taxi a d’ailleurs été interpellé à l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Il risque une peine de prison, jusqu’à 15 000 € d’amende et la confiscation de son véhicule.