Vent debout contre les véhicules clandestins, la police, la justice et les taxis s’unissent pour passer un bon coup de balai dans l’agglomération toulousaine.

Six semaines. C’est le délai que s’est donné Nelson Bouard, nouveau directeur départemental de la sécurité publique de la Haute-Garonne, pour mettre fin à la pratique du taxi clandestin.

Annoncée aux représentants UNT 31 et des taxis toulousains le 22 février, cette nouvelle a réjoui la profession, qui attend toutefois des résultats. L’UNT 31 estime le nombre de taxis clandestins et de faux VTC circulant au sein de l’agglomération à une cinquantaine, voire plus.

Multiplier les contrôles

« Monsieur Bouard a pris les choses à bras-le-corps pour éradiquer le problème, note Stéphane Abeilhou, porte-parole de l’UNT 31 et président de l’UNT Occitanie. Des CODAF (comités opérationnels départementaux anti-fraude) et divers modes opératoires nous ont été annoncés. Ces décisions sont appréciées, et restent à être évaluées. »

Concrètement, les contrôles vont se multiplier dans les prochaines semaines (plus de 600 ont été réalisés en 2017) et des agents de police en civil déployés en centre-ville.

Alerter les usagers

« Ce que les usagers ignorent, c’est qu’emprunter des véhicules clandestins les expose à des risques en termes d’assurance notamment, en cas d’accident. Ils n’ont aucun recours en cas de litige et peuvent être poursuivis pour incitation au travail clandestin et illicite », reprend le porte-parole.

Les opérations de communication en direction des clients, destinées à les alerter sur les risques encourus, sont déjà renforcées avec des annonces sonores en gare de Toulouse-Matabiau. Sont annoncés des panneaux inamovibles dans les stations de taxis, à l’aéroport de Toulouse-Blagnac, etc.

Sanctionner les chauffeurs

Le 8 février, un faux taxi, arrêté alors qu’il maraudait à l’aéroport de Toulouse-Blagnac, a été condamné à 1 500 € d’amende, 3 mois de prison avec sursis et 5 ans de mise à l’épreuve. Il doit verser 2 000 € de dommages et intérêts à l’UNT 31, qui s’est portée partie civile, et son véhicule de location a été saisi.

« C’est une excellente nouvelle. La saisie du véhicule du contrevenant est une première en France, qui va faire jurisprudence ! »

L’UNT 31 a décidé de se porter partie civile dès lors qu’un contrevenant sera intercepté et traduit devant les tribunaux.

Nul doute que ces décisions feront des gorges chaudes lors de l’assemblée générale de l’UNT 31, organisée le 26 mars 2018 à la chambre de métiers de Haute-Garonne et ouverte à tous.

L’UNT 31 sur tous les fronts

  • L’UNT 31 et l’UNT ont saisi le Conseil d’État pour contester « l’arbitraire » décision gouvernementale du ministre de l’Économie sur la suppression des suppléments bagages. Réponse du Conseil d’État le 13 mars 2018.
  • L’UNT 31 milite pour faire baisser, pour le transport médicalisé, le taux de TVA de 10 % à 2,1 % (TVA sociale). « Ce serait gagnant-gagnant, assure Stéphane Abeilhou. La Sécurité sociale ferait des économies et nous serions plus compétitifs face à nos détracteurs. »