RENCONTRES U2P : Des conférences dédiées aux problématiques de l’économie de proximité

Les 25 et 26 octobre, l’U2P, à laquelle l’UNT est affiliée, a organisé à Paris deux journées de conférences dédiées aux problématiques de l’économie de proximité : syndicalisme patronal, protection sociale et transition numérique.

Trois conférences, censées répondre aux questions qui préoccupent les petites entreprises et les travailleurs indépendants, ont eu lieu dans le cadre des Rencontres U2P.

Syndicalisme patronal

Christophe Barbier, éditorialiste à L’Express, Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail, et Patrick Liebus, premier vice-président de l’U2P et président de la Capeb, ont animé la conférence « Le syndicalisme patronal 4.0 ». Le but de cet événement était de définir en quoi la révolution Internet peut et doit inciter les syndicats patronaux à évoluer pour défendre au mieux les intérêts de ceux qu’ils représentent.

« Il s’agit de nous projeter dans ce que nous sommes et ce que nous serons, a expliqué Patrick Liebus. Le 4.0, c’est la connexion, le social, la communication rapide au service de nos membres. »

Pour Christophe Barbier, le syndicalisme patronal « souffre d’une crise de représentativité, matérialisée par un manque de modernité ».

« Notre chance, c’est la proximité. Ne comptons pas sur les autres pour mettre en place les outils qui nous permettront d’évoluer et de servir au plus près nos clients, a lancé le vice-président de l’U2P. On peut être modernes dans la relation à l’humain, la développer en s’adaptant. »

Christophe Barbier a présenté plusieurs solutions pour réinventer le syndicalisme patronal : investir dans les outils de l’innovation, développer le contact humain grâce à l’interactivité inhérente aux nouvelles technologies, réorganiser la mobilisation collective.

« La direction à prendre, l’U2P l’a comprise : la France doit savoir qui nous sommes. Il est essentiel que nous nous organisions pour agir sur cette nécessité du faire savoir », a conclu Patrick Liebus.

Protection sociale
© Cocktail Santé

La conférence « Quelle protection sociale pour demain ? » a fait intervenir Pierre Martin, vice-président de l’U2P, Frédéric Bizard, économiste, Lucie Davoine, administratrice de la Direction générale emploi, affaires sociales et intégration au sein de la Commission européenne, Philippe Dabat, directeur général délégué de AG2R La Mondiale, et François-Xavier Selleret, directeur de l’Agirc-Arrco. Cette table ronde visait à répondre à plusieurs questions : l’ampleur de la couverture sociale souhaitée par les Français et les prélèvements sociaux qu’ils sont prêts à assumer ; le bien-fondé de la protection sociale spécifique aux travailleurs indépendants ; la pertinence de l’universalisation de certaines prestations telles que l’assurance chômage ; le type d’organisation devant succéder au RSI.

« Il est souhaitable qu’il y ait quelques évolutions de la protection sociale pour s’adapter au contexte », a lancé Pierre Martin.

Frédéric Bizard a suggéré plusieurs pistes :

  • aller vers des droits sociaux universels ;
  • accompagner l’usager vers une gestion autonome ;
  • se préoccuper de l’équipe intergénérationnelle.

« Je pense que les bénéficiaires doivent prendre en main le système », a renchéri Philippe Dabat.

Pour Lucie Davoine, les débats français ont déjà eu lieu ailleurs. « Les indépendants et les nouvelles formes d’emploi ne sont pas assez étudiés. Nous avons donc lancé une consultation au niveau de la Commission européenne, dont l’U2P est membre. De nombreuses solutions existent, même s’il n’y a pas de transposition d’un modèle absolu. »

François-Xavier Selleret a par ailleurs souligné l’importance d’apporter des réponses « de 7 à 77 ans » afin que les jeunes se sentent concernés par la retraite.

S’agissant du RSI, l’U2P souhaite un système plus performant.

« Nous voulons un régime et du personnel dédiés, des cotisations et prestations spécifiques, un guichet unique, le maintien du Fonds d’action sociale, ainsi que la prise en compte de la nécessité d’asseoir les cotisations sur la vraie rémunération du dirigeant et pas sur le bénéfice… », a indiqué Pierre Martin.

La fusion des régimes de retraite a suscité une vague de réactions. « Pourquoi ne pas imaginer cotiser pendant sa vie active pour sa retraite et pendant sa retraite pour financer sa dépendance ? », s’est interrogé Philippe Dabat. « On a largement déresponsabilisé les gens dans ce pays », a déploré Pierre Martin. « Une solution : réfléchir aux droits liés à la personne, à une protection sociale par étage », a terminé Philippe Dabat.

Transition numérique

La conférence « La transition numérique, un levier de croissance de l’économie de proximité » a été animée par Michel Chassang, vice-président de l’U2P et président de l’UNAPL, Emmanuel Lechypre, journaliste économique, Émilie Turbat, directrice marketing et commerciale au sein de l’Afnic, Laurent Rostker, directeur associé du cabinet de conseil RB Partners, et Davis Morales, chef d’entreprise, responsable de la Capeb. L’objectif : faire prendre conscience aux artisans, commerçants et professions libérales que franchir le pas du numérique est une obligation.

« Il y a des points positifs, ils dominent. Le numérique va bouleverser nos métiers et permettre de développer notre business. Mais on le sait, il y a le revers de la médaille. C’est celui des plateformes avec, notamment, les problèmes de concurrence déloyale », a pointé Michel Chassang.

Pour Emmanuel Lechypre, les règles de production, de distribution et de consommation sont en train de changer. « Aujourd’hui, le consommateur est impatient. Il manifeste une volonté de transparence, veut comparer et a envie de circuits courts. »

Émilie Turbat a dressé un état des lieux : 42 % des entreprises françaises de moins de 50 salariés ne sont pas en ligne (75 % des TPE), la France est au 24e rang en termes de présence en ligne, 6 dirigeants sur 10 déclarent manquer d’informations. A contrario, 60 % des Français ont acheté en ligne en 2016.

Pour Laurent Rostker, « le digital permet de renforcer la proximité, qui fait la force des TPE, notamment en personnalisant l’information, la connaissance du client… ». Reste à trouver la bonne façon d’accompagner les petites entreprises.

« La première question à se poser, c’est pourquoi et pour quoi faire. Il faut élaborer une stratégie, avec des cibles, des enjeux, des objectifs. Il faut aussi mener une réflexion sur l’impact du digital sur l’organisation de l’entreprise », a souligné Laurent Rostker.

S’agissant de la question de faire appel à un prestataire ou de se débrouiller seul, Michel Chassang a estimé que « que cela reste un métier. Il n’y a rien de pire qu’une communication mal faite. Aujourd’hui, il est important de bien se former. C’est justement un sujet sur lequel l’U2P est en train de réfléchir. »

Michel Chassang, vice-président de l’U2P, a apporté le mot de la fin, en rappelant « que le numérique est un outil extraordinaire pour décupler nos forces et valoriser les atouts de nos entreprises de proximité ».

Lire nos autres articles Rencontres U2P : L’U2P prise en compte pour toutes les réformes et « C’est dans nos entreprises que l’emploi se créera ».

Aya ASSAS
Author: Aya ASSAS

Sourceu2p-france.fr
Article précédentRENCONTRES U2P « C’est dans nos entreprises que l’emploi se créera »
Article suivantPRÉLÈVEMENT À LA SOURCE