Gare aux embouteillages, ce lundi 20 mai : les auto-écoles, taxis et ambulanciers manifestent

PARU SUR LADEPECHE.FR LE 19 MAI 2019 | Gérald Camier

Les auto-écoles, taxis et ambulanciers organisent ce lundi matin 20 mai, dès 8h30 une opération escargot sur le périphérique de Toulouse. Ils protestent contre le projet de loi d’orientation des mobilités (LOM).

Attention, déplacements difficiles en prévision à Toulouse lundi. Le projet de loi d’orientation des mobilités (LOM), qui sera prochainement examiné par l’Assemblée nationale, inquiète de nombreux professionnels de l’automobile, dont les auto-écoles, taxis et ambulanciers qui sont appelés, lundi matin, à mener plusieurs actions : opération escargot sur le périphérique dans la matinée, avant d’emprunter le centre-ville jusqu’à la préfecture de la Haute-Garonne, place Saint-Etienne, où un « pique-nique géant » est prévu pour les participants. Le rendez-vous est donné sur le parking du Stade Toulousain à 8 heures, pour un départ de l’opération escargot vers 8h30. Elle se déroulera dans le sens intérieur du périphérique, avec un tour complet et une sortie aux Ponts-Jumeaux. Le cortège, qui devrait comprendre une centaine de taxis, se dirigera vers le monument aux Morts et la préfecture. Les organisations professionnelles – Conseil national des professions de l’automobile (CNPA), Unidec, syndicats de taxis, ambulanciers, collectifs d’auto-écoles… – sont partie prenante de cette journée de mobilisation nationale. Beaucoup de manifestants sont également attendus à Paris.

« On parle toujours du prix du permis de conduire, jamais de sa qualité et de l’éducation des conducteurs »

Un combat idéologique

Et le combat avec le gouvernement sur le projet de loi LOM est idéologique. « Nous sommes tous unis pour démontrer avec cette manifestation notre solidarité pour lutter contre ce modèle social que l’Etat veut nous imposer et que l’on nomme : Ubérisation ou le Tacheron du XXIe siècle », explique d’emblée Serge Moustrou, président de l’association de défense des auto-écoles en colère. Droit du travail « brisé », la fin « des congés payés, des garanties sociales, une retraite décente et le droit au chômage », les manifestants entendent porter un message qui va au-delà de la loi LOM. Adopté au Sénat en avril par une large majorité, ce projet de loi vise, en substance, à « augmenter la part du vélo dans les trajets quotidiens, donner la priorité à l’entretien de nos infrastructures, déployer les mobilités propres, libérer l’innovation », tel que le défend la ministre des Transports Elisabeth Borne. Elle assure que ce projet de loi est « une réponse forte aux fractures territoriales et sociales qui minent notre pays depuis des décennies. Plus de 35 ans après la loi d’orientation des transports intérieurs (LOTI), il engage une transformation profonde des politiques publiques ». Elle propose quinze mesures dont une prime de 400 euros annuelle pour aller au travail à vélo et en covoiturage ; des véhicules autonomes dès 2020 et un permis de conduire moins cher et plus rapide. Rien de rassurant pour Serge Moustrou. « Le low cost […] c’est la décadence de notre sécurité routière avec Candilib à Toulouse [la plateforme gouvernementale d’inscription au permis de conduire en ligne, NDLR]. On parle toujours du prix d’un permis de conduire (1 600 euros en moyenne), mais jamais de sa qualité ou de l’éducation des conducteurs », dénonce-t-il.

Et le 28 mai…

L’Union nationale des taxis (UNT), qui a transmis plusieurs amendements afin de cadrer les risques de dérives de la loi d’orientation des mobilités (LOM), appelle également à une manifestation nationale, mardi 28 mai, mais également en province. Localement, les représentants de l’UNT ont confirmé qu’ils seraient de la partie, avec à la clé le blocage de l’aéroport de Toulouse Blagnac. La rédaction du projet est fustigée par la profession, qui s’estime « gravement en situation de concurrence faussée vis-à-vis, entre autres, des VTC ».