L’émission RTL Midi du 11 mai 2018 s’est intéressée au projet de loi du gouvernement qui vise à instaurer ce qu’il appelle des « taxis amateurs » : des particuliers qui pourraient, sous certaines conditions, transporter des personnes et être rémunérés. Une idée qui ne manque pas de rappeler l’application UberPop et contre laquelle s’est insurgé Rachid Boudjema, président de l’UNT, interrogé pour l’occasion.

Il n’existe pas de carence de taxi

Pour le gouvernement, cette idée des « taxis amateurs » est une réponse à ce qu’il considère comme un défaut dans l’offre de transport des communes rurales. Mais pour Rachid Boudjema, « il n’y a pas de carence de taxi ». Il y a « au moins un taxi » dans chacune des 37 000 communes de France.

La question qui toutefois se pose, concernant l’offre actuelle, est celle du prix et de la disponibilité : alors que le Transport assis professionnalisé (TAP) est remboursé par la Sécurité Sociale, il est vrai que le trajet simple en taxi peut être au-delà des moyens de certains habitants. Toutefois, pour le président de l’UNT, les « taxis amateurs » ne sont pas une solution.

Davantage d’autorisations de stationnement (ADS)

Comme il l’explique sur RTL, toute municipalité peut délivrer, si elle le juge nécessaire, des Autorisations de stationnement (ADS) supplémentaires. Une manière légale pour que l’offre à disposition des habitants soit améliorée, pour qu’il y ait plus de véhicules disponibles.

La délivrance de nouvelles ADS ne résout toutefois pas le problème du prix et c’est à ce niveau-là que Rachid Boudjema critique le projet du gouvernement : il y a d’autres solutions pour rendre le trajet plus abordable que cette idée de taxis amateurs.

Des subventions pour éviter la concurrence déloyale

Les « taxis amateurs », dans le projet du gouvernement, n’auront pas à payer de charges ou de TVA : ils auront un plafond de revenus qu’ils ne pourront pas dépasser afin que cette activité ne soit réalisée que dans le cadre d’un complément de revenus. Mais cette absence de charges conduit tout naturellement à un déséquilibre entre les taxis professionnels et ces amateurs : il s’agit d’une concurrence déloyale.

Pour Rachid Boudjema, il s’agit là d’une « subvention masquée » car, si les particuliers ne sont pas soumis aux charges et à la TVA, au bout du compte « c’est le contribuable qui paye ». Or, la solution serait simple.

Le président de l’UNT propose que ce soient les taxis qui bénéficient de cette exonération de charges : ils pourraient alors proposer des tarifs plus bas que ceux actuellement pratiqués et qui tiennent compte de toutes les charges qui leur incombent. Autre solution, déjà proposée à certains Conseil Régionaux : la création d’un « chèque taxi » qui couvrirait une partie du coût du trajet, réduisant de fait le reste à charge du client.

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Rachid Boudjema :

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