rachid boudjema

Que reprochez-vous à la LOM ?
Comme nous l’avons exposé au Premier ministre ainsi qu’à la ministre des Transports, nous avons la conviction que l’écriture même du texte comporte des difficultés pour notre profession, la mettant gravement en situation de concurrence faussée vis-à-vis, entre autres, des VTC. Ce qui nous interpelle au plus haut point est la volonté politique de promouvoir le développement des plates-formes. Si le gouvernement n’affronte pas frontalement le secteur, il n’affiche pas non plus la volonté de l’apaiser et nos sollicitations restent sans réponse. Nous ne rejetons pas la LOM par principe mais demandons que soient ajoutées des précisions afin de ne pas remettre en cause le travail de fond réalisé par la récente modernisation réglementaire du secteur.
Quels garde-fous proposez-vous ?
L’UNT soutient 16 propositions permettant de développer les mobilités sans porter atteinte à l’exercice du taxi. Nous affirmons l’expertise de notre profession réglementée et revendiquons la reconnaissance de ses spécificités vis-à-vis des AOM, autorités organisatrices de la mobilité, la clarification de l’utilisation des fonds publics et notre implication comme acteurs professionnels de la mobilité, la consultation de droit pour la modification des emplacements dédiés aux transports en commun ainsi qu’au service taxi, sans oublier le respect et la disponibilité des places prévues pour les personnes à mobilité réduite. Nous demandons également la pleine application de la réglementation du transport public particulier de personnes dans les département et régions d’outre-mer. De plus, la distinction entre la commande immédiate et la commande préalable avec moyens de contrôle et de sanction, tout comme l’examen du contentieux de responsabilité dans le développement de l’usage du véhicule autonome nous paraissent incontournables. Enfin, nous proposons un encadrement de l’auto-partage afin qu’il ne soit pas un moyen détourné de substitution au transport réglementé ainsi que le contrôle préalable des acteurs du partage de véhicule comme des transporteurs par véhicule à cycle.
Qu’en pensent les autres organisations syndicales ?
La réunion avec les fédérations s’est faite en bonne synergie et dans un esprit constructif. Le risque concerne tous les taxis, qu’ils soient ruraux ou d’agglo. Quatre points mobilisent notre vigilance : l’ouverture des voies réservées ; la possibilité pour les AOM de créer des espaces de stationnement T3P ; l’incitation à un covoiturage rémunéré ainsi que la création de particuliers transporteurs dans les zones peu denses. Le 28 mai prochain, nous participerons à l’organisation d’un mouvement national dont les rassemblements seront à Paris mais également aux préfectures des départements. Les pouvoirs publics ne semblent pas avoir retenu les leçons de ces cinq dernières années de crise. Si nos précédentes sollicitations sont restées sans réponse, nous espérons aujourd’hui une audition auprès du Premier ministre.

Propos recueillis par HM