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Dans une tribune publiée le 23 juillet 2018 sur son blog Mediapart, Rachid Boudjema, dénonce les récentes attaques réalisées à l’encontre de la loi Grandguillaume. Le président de l’UNT invite citoyens et pouvoirs publics à ne pas être dupe de ces critiques émanant parfois d’auteurs liés aux plateformes de service VTC.

Il ne se passe pas une semaine, sans voir fleurir un article de presse souvent orienté par soit des économistes, soit des philosophes (…) pour tenter de décrédibiliser une loi venue remettre au centre des débats le chauffeur qui subit le diktat des applications disruptives”. C’est par ces mots publiés le 23 juillet sur son blog Mediapart que le président de l’UNT, Rachid Boudjema, a fustigé les critiques récentes formulées par voie de presse à l’encontre de la loi du 26 décembre 2016, dite loi Grandguillaume.

Avalanche d’articles à charge

Pour le texte, destiné à réguler, responsabiliser et simplifier le transport de particuliers, l’heure est en effet à la critique au vitriol. Rachid Boudjema cite notamment une chronique de l’économiste Nicolas Colin, publiée le 10 juillet 2018 dans Le Monde, selon laquelle la loi “entrave la création de nombreux emplois”.

Même son de cloche du côté de Théodore Monziès, cofondateur et président d’Eurecab (un comparateur de prix taxis / VTC…), interrogé par Les Echos, selon lequel “on estime entre 5.000 et 10.000 le nombre de chauffeurs qui n’ont pas pu continuer leur activité” suite à l’entrée en vigueur de la loi. Il prétend, dénonce Rachid Boudjema, que la loi a introduit l’obligation de passer un examen d’entrée, alors que les chauffeurs VTC étaient déjà soumis à cette étape de validation.

Jouer sur la clientèle, corde sensible

En bon communicant, Théodore Monziès assure en outre que “les premiers perdants de la loi, ce sont les clients”. “Pour eux, il faut désormais attendre plus longtemps et payer plus cher”, argumente-t-il, sans toutefois chiffrer. Le dirigeant concède tout de même que la loi a permis une hausse de revenus pour les chauffeurs de taxi, comme pour les VTC… mais de manière “sensible”.

Néanmoins, ironise Rachid Boudjema : “Si Monsieur Monziès se soucie du sort des chauffeurs de VTC peu qualifiés, il ne devrait pas ignorer leur mal-être maintes fois exprimé lors de mouvements sociaux pour crier leur statut précaire et leurs revenus inférieurs au SMIC, sans compter leur dépendance aux plateformes qui ne leur laissent pour vivre qu’un revenu de 3,75€ nets de l’heure, alors que le smic est de 7,83 € nets”.

Les lobbies “sortent de leur tanière”

Moins de pouvoir d’achat, moins d’emploi, plus de complications administratives…

Si les modalités d’encadrement des VTC refont débat, ce n’est pas un hasard du calendrier, fait remarquer le président de l’UNT… “C’est sans doute la prochaine présentation de la loi d’orientation des mobilités (LOM) issue des assises de la mobilité tenues du 19 septembre au 13 décembre 2017 qui fait sortir les loups de leur tanière. Assises parfois coprésidées par un des actionnaires de l’entreprise Heetch, entreprise condamnée en correctionnelle pour pratique illégale de la profession de taxi”, souligne-t-il.

L’entrée en action de ces lobbyistes qui montent au créneau pour influencer et tenter de remettre en question l’examen organisé par les Chambres des Métiers, espèrent une fenêtre de tir”, ajoute Rachid Boudjema. “Les approximations et parfois les mensonges (…) relèvent d’une guerre idéologique menée par des intellectuels, des économistes et parfois des philosophes aux services de négriers en mal de main-d’œuvre corvéable à merci”, pointe-t-il encore.

Pour les taxis, l’heure est plus que jamais à la résistance, insiste Rachid Boudjema : “sans qualifications, sans règles et sans lois, les rapports de forces asymétriques voulus par ces derniers nous rappellent une situation d’un autre âge.” A ce titre, le 9 juillet 2018, le président de l’UNT a exhorté la ministre des Transports Elisabeth Borne à ne pas “céder au chantage à l’emploi des plateformes” prétendant n’avoir plus à disposition suffisamment de chauffeurs diplômés.