Comme tous les deux ans, le Salon des Taxis est prétexte à la rencontre pour l’Union Nationale des Taxis qui, depuis son stand et au plus près des professionnels, écoute, conseille, rassure. Entend.

Organisée à Paris les 28 et 29 janvier, la 13e édition du Salon des Taxis, rendez-vous incontournable de la profession, a attiré 6 133 visiteurs. L’UNT était sur le pont. Présent sur le stand de celle-ci, Mouhssine Berrada, président de l’Union Nationale des Taxis Parisiens, a été favorablement impressionné par l’intérêt du public.

« Les taxis étaient très curieux. Ils nous ont posé beaucoup de questions, notamment sur la loi Granguillaume et le délai d’un an accordé aux entreprises employant des chauffeurs LOTI pour se reconvertir en VTC. De manière générale, j’ai senti les collègues très impliqués. Lors des séminaires, ils sont plusieurs à avoir pris la parole, à avoir interrogé les intervenants. »

De nombreux workshops et conférences ont en effet émaillé le Salon : « Décret d’application de la nouvelle Gouvernance et de la nouvelle représentativité, vers quoi va-t-on ? », « La loi Grandguillaume, explication de texte », « Taxis VS plateformes : reprendre le pouvoir par les armes… technologiques ! »…

Les conférences, organisées pendant les deux jours, ont permis à chacun d’échanger.
Trop d’applications mobiles

Les nouvelles technologies, justement, ont suscité bien des interrogations.

« Les taxis ne comprennent pas pourquoi il existe tant d’applications mobiles, et pourquoi aucune ne sort réellement du lot. Ils ne ressentent pas l’effet positif attendu de l’open data. Le.Taxi aurait dû amener de la clientèle aux chauffeurs ou faciliter le contact », relaye Mouhssine Berrada.

Également présent sur le stand de l’UNT, Jean-Paul Durand, président de l’Union Nationale des Taxis de Lyon, fait le même constat.

« Nous avons de très bons outils, aussi bons que ceux d’Uber, mais il y en a trop. Les taxis se perdent, le grand public n’est pas au courant… »

« Il y a une pléiade de nouvelles applications, pas toutes agrémentées, qui viennent noyer l’offre », confirme Sébastien Jauneau.

L’homme est cofondateur de TaxiMedia, une start-up qui, à la demande de l’UNT, a développé MonTaxi. Cet outil à dimension nationale propose aux chauffeurs un ensemble de solutions webservices et d’applications mobiles destinées à répondre aux nouvelles attentes de consommation des clients du taxi et à moderniser la profession.

« J’ai senti les chauffeurs plus concernés, plus inquiets qu’il y a deux ans, sur le précédent Salon, note Sébastien Jauneau. Aujourd’hui, ils sont convaincus que les outils numériques sont incontournables. Sauf qu’ils ne savent pas vers quelle application se tourner. Certains taxis les cumulent en espérant avoir plus de courses. »

Cette année, les visiteurs se sont sentis particulièrement concernés.

Pour le cofondateur de TaxiMedia, MonTaxi a tous les atouts pour sortir du lot.

« Nous sommes une référence. Cela fait trois ans que MonTaxi existe, et nous avons 8 200 chauffeurs connectés. Par ailleurs, notre outil est adaptable. Il apporte une solution évolutive en fonction des besoins de la profession et selon les territoires. »

Dans la manche de Sébastien Jauneau, de nouvelles fonctionnalités, qui vont révolutionner les applications existantes.

« Depuis le 1er février, MonTaxi est adapté aux personnes déficientes visuelles. D’ici une quinzaine de jours, les clients auront la possibilité de payer via l’application. Également, pour les taxis ruraux, nous allons coupler notre outil avec un outil de facturation du médical. Les chauffeurs n’auront qu’à appuyer sur un bouton pour facturer leur caisse de tous les transports effectués. »

Une promotion à revoir

Sébastien Jauneau est conscient que l’évolution numérique du taxi est peu connue ou ignorée du grand public.

« Nous avons un service Uber en taxi et personne ne le sait, ironise-t-il. Ce qu’il faut, c’est une action collective : État, éditeurs, chauffeurs. L’État doit « mettre en musique » un plan de communication, informer très largement, par voie d’affichage notamment. Les éditeurs doivent démarcher les entreprises, les hôtels, les professionnels du tourisme. Enfin, les chauffeurs doivent faire la promotion des applications. Ne serait-ce qu’une fois par jour. Il y a 59 000 chauffeurs, le potentiel est énorme. Je suis convaincu que si tout le monde agit de concert, les choses bougeront. »

Plus largement, c’est la concurrence qui effraie les taxis.

« J’ai senti une grande inquiétude, souligne Jean-Paul Durand. Les taxis ont peur des VTC, ou des faux VTC. Ils ne comprennent pas l’inertie du gouvernement et ne savent pas où va la profession. »

La problématique du TAP

Si cette angoisse affecte plus particulièrement les « taxis des villes », les « taxis des champs » ne sont pas tranquilles non plus.

« En milieu rural, le transport assis personnalisé représente une très grande partie de l’activité. Les chauffeurs craignent qu’il ne soit pas maintenu, explique Emmanuel Dignac, président de l’UNT de la Creuse. Le rôle de l’Union Nationale des Taxis est de maintenir le taxi face à la concurrence. Plus généralement, l’UNT a aujourd’hui un rôle de défense de l’activité. Il faut passer à l’offensive. Valoriser notre métier. »

Pour visionner les conférences et pour plus d’informations sur le Salon des Taxis : site Internet – Facebook – Twitter